Oyez ! Oyez l’histoire terrible de la rencontre de votre serviteur avec la donzelle Lily
Dans cette fable vous entendrez le récit véridique d’une rencontre par internet qui a mal tourné.
Il y a longtemps, très longtemps, alors que je débutais dans les sites de rencontre …
Bon bref, Je connaissais Meetic de nom et je savais que c’était payant. Informaticien dans l’âme, j’ai essayé de voir si je pouvais trouver une faille dans ce système. Pendant que je m’essayait à cacher mon adresses mail un peu n’importe ou (dans les photos, les descriptions, les hobbies, …) j’ai été contacté par une certaine Lily, jeune fille d’environ 25 ans, fort jolie au demeurant. Ne pouvant pas répondre et refusant de débourser le moindre centime dans ce site j’abandonnais, après quelques essais, l’idée de contacter la jeune fille.
Quelques mois plus tard, sur badoo, une jeune fille nommée Lily me contacte et je reconnais cette ancienne admiratrice. Elle discute de tout et de rien et, sans préambule, me propose un rendez vous le soir même. Ayant aïkido, je refuse, je lui dis que j’habite en collocation, que je ne peux pas lui imposer ma maison si elle n’est pas rangée un minimum et que de toute façon c’est bas bien mais t’es pas folle un peu ? Tu ne sais même pas qui tu rencontres.
Sans peur et sans reproche, Lily a déjà rencontré plusieurs personnes, ça c’est toujours très bien passé, si elle veux elle me … non, elle « nous » cuisine un bon repas, collocs invités, comment tu préfères que je m’habille, en jupe ou pantalon moulant ?
Ah mais ma brave dame, je ne peux pas vous faire payer le repas, surtout pour trois morfals. Donc si tu veux venir chez moi et je n’ai rien contre, tu viendras un samedi après midi, on fera les courses que tu veux sans que tu aie a débourser le moindre sou (oui, parce que ça ne se fait pas d’abuser du porte-feuille des jeune filles. Spécialement quand on a un boulot. Et puis les filles aiment bien, elles, faire des emplettes avec le portefeuille des autres. Et puis pour la remercier, j’aurai pu lui acheter en même temps un petit truc qui lui plairait parce que bon, si elle me porte autant d’attention, je ne dois pas non plus être en reste). Et à choisir, une jupe, c’est bien plus joli. 
J’ai quand même forcé un premier contact par webcam, pour lui montrer que j’étais bien le gars qu’elle voyait sur les photos. C’est génial, me dit-elle, je suis vraiment trop beau et patin et couffin.
Perso, j’étais sur un petit nuage.
Le samedi arrive donc, et vers midi, je me trouve prêt à toutes les éventualités. Sonnette. Ouverture de porte et …
… douche froide. :s
Pas pour moi, bien sur. Pour elle. Mais ça se lit sur son visage et donc, si, pour moi aussi. Mais la damoiselle se rétablit avec une compétence sociale digne d’un ambassadeur, montre la bouteille de vodka qu’elle a acheté et demande si elle peu entrer.
Bien sur elle monte s’assied. et me dit qu’elle sort de chez le médecin. Elle n’a plus que 4 ans a vivre. Quoi ?! 4 ans ?
- Oui, j’ai un taux de fer dans le sang environ 500 fois supérieur à ce qu’il devrait être.
- Wow ! Et ça se soigne ?
- Il faut changer de sang
- Ah ouais, dur
- Je peux fumer ?
Il faut dire que je suis très non fumeur. Les fumeurs, je les jette par la fenêtre ou ils atterrissent, en général, sur le balcon et ou ils empestent l’air loin de moi. Fenêtre fermée. Mais cette nouvelle, ajoutée au fait que je la voyait mal faire l’acrobate en bottes hauts talons pour enjamber la fenêtre, me pousse a une gentillesse extrême.
Erreur : à partir de là, ça a été clope sur clope. :’(
- J’ouvre la vodka, tu en veux ?
- Non merci, je ne bois pas. Je ne savais pas que tu fumais non plus.
- Si si, mais je l’ai pas précisé sur le site
Bon, ça ne me gêne pas. Et puis après tout, un ou deux verres ne lui feront pas de mal
Erreur : à partir de là, ca a été verre sur verre. :’(
Elle n’avait pas l’air de ce décider a bouger de suite, et au moment ou je me préparais a lui dire qu’il serait temps d’y aller :
- T’aurais pas des trucs a grignoter ? Des chips, peut être ?
- :’(
J’étais donc avec une Lily dans mon salon, qui fumais, buvais et mangeais des chips. Charmant, vraiment, si si, charmant. J’essaye de calmer le jeu, de freiner la pente qu’elle prend, mais peine perdue.
Sur ces entrefaites, Fabien mon super colloc (à ce moment là, puisque maintenant ex-colloc) se ramène et vois avec stupeur une fille fumer dans le salon. Il n’est pas fumeur non plus et j’ai immédiatement de droit a un regard de reproches auquel je répond par une grimace très communicative que seul deux amis de longue date peuvent comprendre du premier coup. Ce discours muet peut être retranscrit à peu près ainsi :
F : Nom mais qu’est-ce que c’est que ce bordel !
N : Houla ! Calme toi, calme toi ! On devait faire des courses aller que je croyais qu’elle fumais pas mais comme elle va mourir dans le salon dans 4 ans que je lui ai permit un cendrier
F : … quoi ?
N : Oublie, j’arrive pas à faire une grimace aussi compliquée. Laisse tomber et supporte, je vais essayer d’assumer la situation.
F : … ok.
Après que Lily aie proposé une cigarette a Fabien, qu’il refuse poliment, j’entraperçoit une porte de sortie a cet embrouillami-imbroglio abracadabrantesque social.
N : Lily, au fait. J’ai oublié de te dire mais Jeff, le troisième colocataire, essaye d’arrêter de fumer. C’est dur mais il tient le coup. Ce serait donc bien que tu ne fumes pas devant lui, pour ne pas le tenter. Ce serait même parfait si on rangeais le cendrier et qu’on faisait comme si personne n’avais fumé.
L : Je lui proposerai pas, ok …
N :
… Bon, heu … et, heu … tu es sure que ce ne serait pas une bonne idée de faire les courses ?
L : Non, c’est trop tard et j’ai pas le courage de bouger, là. Tu veux de la Vodka, Fabien ?
F : Pas à 5h de l’après-midi, non merci
N : :’(
Au bout d’une heure, rien n’avait changé et je me demandais comment j’allais pouvoir me sortir de ce pétrin. Jeff arrive sur ces entrefaites.
L : Bonjour, je m’appèle Lily
J : Enchanté, moi c’est Jeff
L : Une petite clope ?
J : Ouais, pourquoi pas ?
N : :’(
Jeff est un grand blond avec des cheveux courts, frisé comme un mouton. Il lui a tout de suite tapé dans l’oeil. Notez au passage la forte ressemblance avec moi-même, qui suis brun avec des cheveux longs, légèrement ondulés. Après tout plus ton idéal est précis, moins tu as de chance de trouver quelqu’un qui corresponde à tous les critères.
La soirée s’avance, et si Jeff a la politesse d’aller fumer sur le balcon, Lily ne partagera pas cette attention. Son attention à elle, en revanche, est braquée sur Jeff.
On dit des filles qu’elles rient aux blagues, bonnes ou mauvaises, d’un homme pour le séduire. J’ai toujours pensé que c’était faux. A la rigueur, rire de façon complice aux bonnes blagues, pour montrer qu’on a les mêmes goûts. Ou sourire avec gentillesse aux mauvaises vannes, à la rigueur. Mais qui voudrait d’une gourde qui s’esclaffe bruyamment à chaque vanne, même lorsqu’on sait pertinemment qu’elle n’est pas drôle ? C’est plus une honte qu’autre chose.
Ben là, c’était la honte pour Jeff. Toute la soirée.
Ce serait tout ? Non, bien sur, le reste arrive : la crise.
Passablement bourrée et enfumée, essayant de courir après Jeff autour de la table basse, Lily s’arrête soudain et s’assoit dans le canapé. Sans bruit et plutôt droite, avec une tête bizarre.
“Ça m’arrive parfois, j’ai d’un coup très mal a la poitrine et ça me fait mal de respirer”.
Je n’osais répondre que ce n’était pas si terrible si ça l’obligeais à se taire ; elle se tourne alors vers Jeff en lui demandant de lui appuyer fortement sur la poitrine. Vraiment, j’ai failli me tomber du canapé tellement j’avais envie de rire. Mais Jeff essaye et Lily dit que non, ça ne va pas il le fait mal. Lorsqu’elle me propose d’essayer, je me dis qu’elle ne plaisante pas. Une main dans son dos et une sur sa poitrine, je l’écrase comme une crêpe et la vide de tout l’air qu’elle a dans les poumons. Ca a l’air de marcher … oui ? Oui ? Ca va mieux ? Oui ? Non. Cinq minutes après ça recommence. Et elle nous demande de mettre qqch qui va occuper son attention, afin que le problème se règle de lui-même. Intelligemment, je pense à lui faire écouter une chanson comique, qui la poussera à faire attention a autre chose que sa douleur. Je lance “A toi soldat Morales” en lui demandant si elle connaît. Oui. Malheureusement. En boucle. Si. 50 fois. Au moins. J’en pleurais de désespoir, à la fin. :’(
Finalement la crise passe (définitivement) et minuit arrive. Ravi de le faire remarquer, je précise a Lily que le dernier métro passe dans un quart d’heure et qu’il faudrait penser a préparer ses petites affaires, hein ? Parce que bon … hein ? Tu restes ? Comment ça “tu restes” ?
“Bah oui, je dormirais dans le salon”, nous dit elle. Puis, avec un regard très appuyé sur Jeff, “A moins que l’un de vous ne m’invite dans sa chambre”.
C’était assez horrible à voir mais ça m’allait parce que, à première vue, je ne risquais rien. C’était chez Jeff ou dans le salon. Et puisque tout était réglé (et pour être bien sur qu’elle restât avec Jeff et Fabien), je prétextais la fatigue pour monter me coucher.
L’histoire aurait pu finir ici. Mais non, même pas. J’ai vaguement entendu Jeff et Lily monter dans la chambre et causer un peu. Enfin … surtout elle parce que Jeff était pas bourré. Ma nuit a été des plus normales et des plus réparatrices, si on considère que je me suis réveillé sans le moindre traumatisme, le lendemain midi. C’est donc le sourire aux lèvres que je dis bonjours à Fabien a … j’attrape Fabien par le col et le tire violemment dans le couloir.
N : Mais qu’est-ce qu’elle fout encore ici ? Chuchote-je
F : Elle s’est réveillé mais Jeff dors toujours jusqu’à 16 heures et elle a du le sentir avec ses sens de femelle, me répond-t-il sur le même ton effrayé. Le ton que prennent les souris quand elles discutent sous une armoire sous la quelle le chat ne peux pas passer mais qui n’offre pas d’issue de secours pour autant.
Fabien m’explique qu’elle était descendue alors qu’il prenait tranquillement son petit dej’ en calbut’ devant son jeu vidéo. Après un bref face a face dans lequel on voit des rougissement des coussins, ce qu’essayent de cacher les coussins et un bref rire, il avait réussi a lui mettre une manette dans les mains avant de filer s’habiller plus convenablement (Fabien est très pudique. Pas moi : je suis fait comme je suis, je peux changer pour faire plaisir mais je trouve idiot d’être choqué parce que j’ai des poils sur les jambes).
Je passe la tête dans le salon pour dire bonjour à Lily et … j’attrape Fabien par le col et le tire violemment dans le couloir.
N : Mais pourquoi tu lui as mis dans les mains un RPG de plus de 100 heures de jeu ?! T’aurais pas pu lui mettre un jeu de baston ou chaque partie dure 20 secondes, non ?
F : Mais elle était là et a juste voulu essayer une bataille et …
N : Bon laisse tomber
Lily resta finalement dans le salon toute la journée. Ce n’est que le soir, alors que nous même devions tous partir voir des amis, qu’elle accepta de décoller du canapé. Après un bref coup de téléphone, elle s’incrusta quand même dans la voiture de Fabien en disant :
« Laissez moi en ville (c’était pas notre chemin mais bon … on aurait fait n’importe quoi pour qu’elle parte, là) Mon frere me récupèrera : on va voir Taxi 3″
Là classe …
Il y a encore une petite histoire … mais elle est réservée aux gens avec qui j’ai rendez-vous 
Bye !